Cultive ton jardin

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mercredi, 3 août 2011

Pierre qui bouge

Ma terre est pleine de cailloux. C'est en partie grâce à ça qu'elle se ressuie et se réchauffe très vite. Quand même, faut pas exagérer, et je les enlève, les cailloux: trop, c'est trop. Le gros de mon jardin est déjà bien épierré. Mais quand je défriche un nouveau coin, j'ai un aperçu de ce que c'était avant. Un peu de terre entre beaucoup de cailloux. Sans compter les cailloux profonds, pas si profonds que ça.

Comme je suis une paresseuse, je me contente de faire de petits tas, ça et là, que j'enlèverai, c'est sûr, demain. Ou après demain. Ou que je laisserai s'enterrer doucement, pour les redécouvrir à la saison prochaine (mais pourquoi donc une telle densité de cailloux en bordure d'allée?), faire et défaire c'est toujours travailler. J'ai trouvé un truc pas mal, je garde les filets quand j'achète des pommes de terre. Quand un sac est plein, je le vide: j'ai un tas dans les broussailles, qui commence à évoquer ces pierriers qu'on trouve en montagne, entre deux champs autrefois cultivés. Quelquefois, j'attends trop, et le sac se bio-dégrade, ou se fait éventrer par la débroussailleuse: rebelote à ramasser les cailloux éparpillés. Ça donne du boulot, la paresse.

Justement, j'étais en train de ramasser, avec l'aide de ma petite princesse, un petit tas sous une rose trémière. Alors que "mes" cailloux sont plutôt blancs et anguleux, je découvre, sous le tas, une pierre grise, plate et toute ronde. Je la prends... elle est molle et elle bouge. Waouh! un cri de surprise m'échappe, immédiatement doublé en écho par un cri de terreur de ma petite princesse: j'ai dérangé un crapaud!

Pas du tout essayé de l'embrasser (merci à Ziggie pour l'inspiration), vu que j'ai absolument pas besoin de prince charmant, et pas envie non plus depuis que j'ai vu le gominé prétentieux de Shreck. A la limite, je pourrais me sacrifier et embrasser un prince charment pour le transformer en crapaud, vu que les crapauds, c'est très utile.

Bon, celui-là, je lui ai vite mis à disposition un tas d'herbes arrachées de frais. Et nous sommes parties sur la pointe des pieds pour le laisser se remettre de sa grosse émotion.

Tiens, ça me rappelle ma dernière conversation avec un chasseur ennemi des écolos, qui s'enrageait de voir le Conseil Général dépenser l'argent de SES impôts pour construire un crapaud-duc: "Vous voulez vraiment protéger les crapauds? Faut flinguer les hérons!"

Faire comprendre le concept de biodiversité à certains, ben c'est pas gagné.

samedi, 30 juillet 2011

Encore une perle

« Supprimer le défilé militaire du 14 juillet ? Avec tout le respect qu’on lui doit, il faut dire à Eva Joly que cette idée respire la naïveté inconséquente et que la candidate écologiste aurait mieux fait, ce jour-là, d’aller s’occuper de son jardin bio. » (Laurent Joffrin, directeur du Le Nouvel Observateur)

Voyez donc, les coïncidences! Il y a peu, en plus de cultiver mon jardin (bio), je vous faisais souvenir de l'ami Georges Brassens qui restait dans son lit douillet le jour du quatorze juillet, pour cause de peu d'affinité avec "la musique qui marche au pas", et j'imaginais que le moustachu tranquille aurait été solidaire de la norvégienne (française, certes, mais norvégienne, hein, pas oublier).

Et voilà que Laurent Joffrin prétend que c'est mieux de cultiver son jardin (bio) que de dire que la fête nationale n'est pas obligatoirement celle des tanks et des mitrailleuses sans compter les bombardiers.

Comme si on pouvait pas faire les deux, et même les trois: cultiver son jardin (bio), aimer Georges Brassens ET ne pas apprécier la pub pour les marchands de canon?

jeudi, 21 juillet 2011

Une devinette en six points

Je soumets à votre réflexion et à votre sagacité ce texte dont je dirai plus tard d'où il vient et où je l'ai trouvé. Ceux qui le reconnaîtront, parce qu'ils ont les mêmes lectures que moi, chuuuuut! Par contre, je dois à l'honnêteté de préciser que j'ai censuré un mot, un tout petit mot, anodin en lui même, mais qui donnait un indice précieux. Héhé... vous voilà intrigués, j'espère.

1- Un premier dispositif permettrait l'accès à une information ouverte, transparente, complète, objective, grâce à laquelle les citoyens pourraient comprendre les revendications des différentes couches concernées et prendre en temps voulu les décisions d'intérêt public tout en garantissant les intérêts des parties. Ce mécanisme instaurerait les principes d'une circulation publique de l'information sur les affaires communes et garantirait le droit à l'information, allant de l'accès à la lecture des documents non classifiés à la participation aux audiences publiques.

2- Le deuxième contribuerait à mettre en cohérence les revendications liées aux intérêts particuliers et donc divergentes. Dans la mesure où il existe une grande différence entre les groupes sociaux quant aux ressources financières et aux moyens d'expression dont chacun dispose, une organisation collective de l'expression, de la communication et de la négociation serait évidemment favorable à la défense des couches les plus vulnérables. L'expérience montre que, lorsque les intérêts ont été mis en cohérence, il est plus facile de parvenir à une solution par un processus de négociation et d'arbitrage.

3- Il faudrait établir un système adéquat permettant aux citoyens de s'exprimer de façon efficace, d'augmenter la participation du public dans certains domaines comme les auditions, l'expression d'opinions, la supervision, les réunions de compte-rendu sur toutes les questions d'intérêt général. En même temps, il conviendrait de garantir l'expression des demandes dans les médias de masse.

4- Un autre dispositif viserait à mettre en place des moyens de pression. Actuellement, les groupes sociaux aux ressources financières importantes disposent de moyens de pression pour défendre leurs intérêts; les groupes vulnérables devraient, eux aussi, disposer d'un réel mécanisme de pression - dans un cadre légal évidemment.

5- Un dispositif de consultation et de négociation serait créé, grâce auquel les groupes sociaux pourraient parvenir par eux-mêmes à la résolution des difficultés, de façon juste et efficace. La société ferait ainsi ses premiers pas vers une autogestion, une autorégulation. A ce moment, le gouvernement n'aurait plus à intervenir dans ces affaires, ce qui réduirait d'autant le fardeau de l'administration et le coût de ses dépenses. Dès maintenant il est urgent d'établir le principe de négociation entre les parties représentant le capital et le travail.

6- Un dispositif de médiation et d'arbitrage serait instauré pour tous les cas où les deux parties opposées ne parviendraient pas à trouver un compromis. Et le rôle d'arbitre final dans ces circonstances doit revenir au gouvernement et aux instances judiciaires. Dans le cadre d'un système de ce type, le gouvernement, même s'il n'a pas à s'immiscer directement dans ces affaires pour tout régler, peut en revanche jouer un rôle institutionnel pour faciliter les négociations et, en fin de compte, se porter garant du résultat final.

Pour être efficaces, ces six mécanismes devraient s'articuler les uns aux autres et fonctionner simultanément.


*** Ajouté le 2 octobre: cliquez pour avoir la réponse.

vendredi, 15 juillet 2011

Quatorze juillet

Le jour du quatorze juillet, Je reste dans mon lit douillet. La musique qui marche au pas, Cela ne m'intéresse pas.

Je ne fais pourtant de tort à personne En n'écoutant pas le clairon qui sonne!

Mais les brav' gens n'aiment pas que...

Brassens solidaire de Eva Joly. Décidément, il nous manque, comme nous manquent Coluche, Pierre Desproges, et quelques autres.

dimanche, 26 juin 2011

Bon appétit, bien sûr!

"Mange, mon petit, mange", pensai-je. J'avais reconnu l'emballage. Le producteur était un de mes clients. Tous les mois je lui fournissais plusieurs quintaux d'ovoproduits. En provenance d'une entreprise de recyclage de déchets des environs de Turin qui, au lieu d'écouler les oeufs pourris, cassés, infestés de parasites, en nettoyait la putrescine et la cadavérine et les transformait en une bouillie conditionnée dans de commodes petits bidons de cinq litres, prêts à être versés dans les pétrisseuses des confiseries industrielles. Et le goût ne devait pas être mauvais, vu l'avidité d'adulte avec laquelle le gamin mordait dans son goûter, sans en laisser tomber une seule miette entre les sièges."

Il commence fort, le polar que je suis en train de lire. Je vous le conseille. Il a été publié en 2007, traduit en français en 2010, mais il évoque furieusement une actualité beaucoup plus récente.

"La règle numéro un, c'était de ne jamais exagérer avec le frelatage pour éviter que les consommateurs ne clamsent après avoir avalé un beau plat de spaghetti aux palourdes. (...) La deuxième règle (...) il fallait distribuer le produit en petites quantités, mais dans le plus grand nombre possible de magasins et de supermarchés. La troisième règle, c'était de toujours savoir comment ça avait été trafiqué, parce qu'on ne pouvait faire confiance à personne dans ce business. Des cons pouvaient te refiler un lot qui te bouzillait ta place à vie."

Sur la fin, le héros refile ses contacts "commerciaux" à un ami auquel il ne veut aucun bien:

"Parenti n'avait pas de style, et surtout il n'avait pas compris les délicats équilibres du marché des aliments frelatés. Il ne faisait attention qu'au prix et il allait inonder la Sardaigne d'une merde infâme. Je me gardai bien de le prévenir que le jeu ne tenait que si l'hyper-merde ne représentait que 20% des ventes. Le reste devait être de la merde, un minimum de qualité étant nécessaire pour donner une couverture décente à ce business. Avec ce genre de choix de produits, ils allaient avoir de sérieux problèmes d'ici deux ans au plus tard, mais ce n'était plus mes oignons. "

C'est un polar, on pense que ça force le trait au delà du vraisemblable, et on rigole. On a peut être tort. Le bouquin a été écrit par Massimo Carlotto, qui en a déjà écrit d'autres. Seulement, cette fois, il n'est pas seul: il a travaillé avec Francesco Abate. Qui est... journaliste. Et la quatrième de couverture évoque "une très solide documentation". Gloups.

Bon, comme je vous ai rien révélé de l'intrigue principale et que ce joyeux cynisme est hilarant de bout en bout, rien ne vous interdit de prendre beaucoup de plaisir à la lecture de ce bouquin. Et... bon appétit, bien sûr!

vendredi, 24 juin 2011

Abeilles charpentières et sauge sclarée

Il y a deux ans, j'avais cherché quelques bisannuelles à faire semer à mon petit fils. Bisannuelles, ça veut dire qu'on les sème en été... et que ça fleurit pas avant l'année suivante, bel exercice de patience et de mémoire. L'avantage des bisannuelles, c'est qu'elles sont aussi, presque toujours, vivaces. C'est à dire que la racine subsiste l'hiver sous terre, et que la plante repousse au même endroit, parfois un peu dégradée mais souvent plus belle l'année suivante. Parmi ces bisannuelles, la sauge sclarée. Non seulement elle pousse et repousse magnifiquement d'année en année, mais elle se ressème. Cette année, la sécheresse n'y est pas pour rien, elle est particulièrement belle. Plus haute que moi. Elle illumine le fond de mon jardin de sa couleur si subtile, qui vire du bleu pâle au gris argenté à mesure que le temps passe. La souche d'origine, plus deux touffes essaimées que j'ai épargnées en les reconnaissant. Il y en avait d'autres, mais faut bien laisser un peu de place pour les légumes que je suis censée cultiver.

Sur le blog où je vous ai envoyé(e)s pour les photos, les commentaires disent plein de mal de l'odeur de la sauge sclarée. Des goûts et des couleurs, dit-on, ben faudra rajouter les odeurs. C'est assez étonnant comme la manière dont on apprécie les odeurs peut varier. Entre personnes, déjà: est-ce qu'on sent ou pas la même chose? Mais aussi, pour la même personne, entre un jour et un autre. Plus fort, il m'est arrivé de ne plus "sentir" la même chose une fois que je savais d'où venait l'odeur. Il y a enfin, très extraordinaire, la puissance d'évocation d'une odeur. Avant même de l'avoir reconnue, on est ramené, par le souvenir, à la situation, même très ancienne et très oubliée, à laquelle elle est liée. Comme si le passé vous sautait au visage. Je crois que, finalement, j'aime presque toutes les odeurs. Celle de la sauge sclarée, je ne l'ai pas repérée tout de suite. Elle n'a rien d'un "parfum" et surtout pas "floral". Elle est un peu acide, vivifiante et très originale. Un peu "animale" peut-être?

La sauge sclarée attire les abeilles charpentières, c'est écrit dans Wikipedia. Pas de panique, moi non plus je savais pas ce que c'était. J'avais bien repéré ces énormes volatiles (oui, c'est pour rire, c'est pas "vraiment" des oiseaux, mais ça vole, alors...), deux ou trois centimètres de long et plus d'un centimètre de large, d'une couleur très spéciale: un bleu métallisé tirant sur le noir. Chaque fois que je fais mon pti tour au jardin, j'en repère deux, parfois trois, en train de visiter une par une chaque fleur, méthodiquement. Petit détail rigolo, à force, elles ont le dos tout poudré de blanc. J'ai pas de souci à me faire, les fleurs seront bien fécondées, les graines bien fertiles, et mon seul souci sera de ne pas laisser les sauges sclarées prendre toute la place. Ou alors, faudra agrandir mon jardin. Pourquoi pas?

mercredi, 22 juin 2011

Vilains petits fraudeurs!

Encore une petite perle, de celles qui me font rigoler grinçant. Merci à "Arrêt sur images" qui me fournit assez souvent de telles occasions. Là, c'est dans la rubrique "vite dit", en accès libre permanent. Daté du 22/06/2011 à 9h15. Vous aurez remarqué comme on nous bassine avec ces 20 milliards par an de beaux euros envolés ou plutôt enfouis dans les malhonnêtes poches des pauvres, salauds de pauvres! Hé bé, voilàtipa que finalement ces 20 milliards vont aux trois quarts, sinon aux quatre cinquièmes, dans les poches des riches excusez moi, des patrons excusez moi, je cherche un mot qui ne soit pas laidement entaché de populisme, et je trouve pas. Tant pis, lisez plutôt:

"Ces fraudes sociales, donc, seraient estimées à 20 milliards par an. Ce montant amalgame étrangement les fraudes aux cotisations sociales (cotisations salariales et patronales non versées en raison du travail au noir, entre 8 et 15,8 milliards), et les fraudes aux prestations, objet de la vigilance du Figaro Magazine (arrêts maladie, allocations familiales, RSA, entre 2 et 3 milliards). (...) Les mathématiciens super-chevronnés ne manqueront pas de noter que les fraudes patronales représentent un montant quatre à cinq fois supérieur à celui des fraudes imputées aux allocataires. C'est tout à fait exact. C'est sans doute la raison pour laquelle la plupart des mesures préconisées par le rapport, et citées par l'AFP, concernent la part minoritaire des fraudes aux prestations".

A la décharge de nos "journalistes" (héhé) de radio-télé-machins, on peut pas exiger d'eux, pas plus que d'un ministre de l'éducation, qu'ils sachent faire une règle de trois, d'ailleurs zont pas le temps, à peine s'ils ont le temps de relire sans réfléchir, de recracher tels quels et de nous seriner quinze fois par jour tous les poissons d'avril qu'on leur donne pour mission de fourguer au peuple.

dimanche, 19 juin 2011

Un amour de coccinelles

Je sais pas vous, mais je n'ai jamais vu autant de coccinelles dans mon jardin que cette année. C'en est hallucinant: je peux pas poser mes yeux où que ce soit, sur un légume ou une herbe sauvage, sur un arbuste ou une fleur, sans y trouver une, deux, trois coccinelles, voire davantage. Bon, les pucerons aussi, ont largement profité de la sécheresse, ainsi que les fourmis. Trois petites bêtes souvent associées sur mes légumes: les fourmis installent les pucerons, et les coccinelles viennent se fournir dans ces supermarchés de rêve. Les pucerons, plus nombreux, ne font pourtant guère plus de dégâts, plutôt moins, que les années précédentes. Sauf sur les fèves,bien sûr, vous vous souvenez? Ils sont par contre, me semble-t-il, beaucoup plus fréquents sur les herbes sauvages, dont vous savez qu'elles prolifèrent dans mon jardin dépeigné, vu que non seulement je ne les arrache pas très systématiquement, mais que même je les introduis.

Hier matin, comme je m'apprêtais à arracher (quand même, faudrait pas pousser!) une des nombreuses touffes de liseron qui s'incrustent dans mes plates bandes, ma main s'est suspendue: du rouge au milieu de la touffe. Non pas une, mais deux coccinelles. Une assez grosse, rouge pâle. L'autre, plus petite, rouge vif. Des coccinelles à sept points, bien de chez nous, pas les envahisseuses maladroitement introduites dont la prolifération pose de menus problèmes au point qu'elles sont désormais étiquetées nuisibles mais pourtant toujours commercialisées, allez comprendre...

Comme pour les crapauds, chez qui un petit mâle s'incruste, au propre comme au figuré, sur une grosse femelle, la plus petite est dessus. Elle agite frénétiquement ses minuscules pattes, tandis que l'autre se lisse nonchalamment les antennes. Puis la petite se met à remuer fébrilement du croupion, façon danse des canards. Et ça dure, ça dure...

Je finis par me sentir indiscrète et je me retire sur la pointe des pieds.

jeudi, 16 juin 2011

La perle du jour

Vous avez remarqué comme je suis paresseuse? J'écris plus rien et à peine je lis. Mais de temps en temps je ramasse une perle qui me fait vraiment rire, de ce rire fêlé qui remplace le pleurer.

Aujourd'hui, la perle, c'est sur Bastamag. Un site que j'aime bien, que je vais voir régulièrement, parce qu'il sait articuler la militance écologique avec celle pour les droits humains conçus non pas comme un droit de "cause toujours", mais comme le droit de tous, sur toute la planète, à la vie. La vie et rien d'autre, le droit de manger des choses vraies, de respirer de l'air pur, de boire de l'eau non polluée, de se protéger du chaud et du froid, de s'éduquer, de se soigner. Le droit d'aimer.

Des petits malins se sont fait passer auprès d'une ONG environnementale pour un fabricant d'armes en quête de respectabilité: « Nous leur avons dit qu’une de notre principale stratégie pour préserver l’environnement était le recyclage des éclats d’obus des zones de batailles, que nous utilisions pour fabriquer de nouvelles bombes ». C'est trop gros, ils vont se faire jeter méchamment? Ben non. Mieux que ça: on va leur proposer d'adopter un rapace comme mascotte. Paraît que certaines espèces de rapaces sont en danger.

Pas toutes apparemment, en voilà une qui prospère! c'est pas sympa pour les rapaces, ma blague. Comme mascotte, on pourrait pas plutôt leur proposer un vampire? Avec des canines dégoulinant d'un sang verdâtre?

vendredi, 10 juin 2011

Uranium ENRICHI à Falloujah?

J'ai entendu ça, cette information monstrueuse, sur France Info, et je ne le retrouve nulle part ailleurs. Aucune de mes promenades matinales sur le web ne fait référence à ça, à la possible expérimentation à Falloujah de NOUVELLES armes atomiques. Que des vieilles histoires (déjà assez terribles) d'uranium APPAUVRI, ce qui n'est pas du tout la même chose pourtant. Rien sur Google, rien sur rezo.net, rien sur @si. Au point que j'ai cru avoir rêvé.

Mais non, pas rêvé, c'est bien sur le site. Repris par personne, on dirait, en tous cas par aucun des sites où j'effectue mes promenades matinales.

Ohé? Ya quelqu'un?

mardi, 31 mai 2011

Mensonges nucléaires

Un tout petit mensonge, mais qu'on nous serine en espérant qu'à force de le répéter il devienne vrai.

dimanche, 29 mai 2011

Comme un cochon qu'on égorge

Deux expressions mystérieuses, parmi tant d'autres, ont accompagné mon enfance. On ne faisait pas de compliments aux enfants, c'était pas bon pour leur éducation. Il arrivait parfois, rarement, qu'une remarque particulièrement judicieuse "pour mon âge" attire l'attention d'un adulte. Une petite étincelle (admiration ironique) s'allumait alors dans ses yeux: "On f'ra kékchose de toi... si les ptits cochons te mangent pas". Moi, je savais pas trop si c'était du lard... ou du cochon, justement. Parce que la surprise admirative était instantanément effacée par la moquerie, et un zeste de menace. J'ai su plus tard qu'en effet, dans les anciennes fermes où cochons et enfants voisinaient en liberté et sans guère de surveillance, il arrivait qu'un tout petit ait de graves ennuis avec le cochon: c'est omnivore, un cochon. Mais dans la banlieue ouvrière où nous vivions, on ignorait tout des cochons. Ma grand mère en avait pourtant élevé un, et aussi une chèvre (pas ensemble, successivement) dans un petit appentis voisin de la maison, avec les poules et les lapins. Mais nous, jamais. Ma mère craignait les animaux, même les chiens et les chats, elle aimait pas trop. Alors un cochon....

L'autre expression, c'était quand, lors d'une dispute entre frangins et frangines, l'un de nous, vaincu et révolté, se mettait à hurler. "Comme un cochon qu'on égorge" disait ma mère. Ça non plus, je voyais pas bien ce que ça voulait dire. J'avais presque trente ans quand j'ai compris, vraiment compris. Un après midi d'automne, dans le village du Vercors où j'habitais alors, je suis alertée par des hurlements terrifiants, interminables. Impossible de faire autrement, je sors, je marche, je vais vers ce cri qui me guide, m'attire, m'épouvante et me fascine. Dans la cour de la ferme voisine, on est en train de tuer le cochon.

J'avais souvent vu mon grand père tuer les lapins. Mais là, rien à voir. Le lapin ne criait pas, ou alors, c'est que le pépé avait loupé son coup, il était pas content de lui, un lapin, ça se tue proprement. Mais un cochon, pas possible. D'abord, un cochon, c'est intelligent, ça comprend assez vite où on veut en venir. Et puis, c'est gros, c'est fort, un cochon. C'est violent. Celui-là, ils l'avaient attaché sur une échelle. Vaut mieux que l'échelle soit pas vermoulue. Quand je suis arrivée, il avait cessé de hurler. Une phase moins gore, plus technique commençait. C'est passionnant de voir dépecer un cochon. Pourtant, l'émotion a dû me brouiller la mémoire, je ne me rappelle pas grand chose: le ventre ouvert qui ressemblait à une planche d'anatomie humaine, les boyaux qu'on déplie et qu'on lave pour le boudin, le chaudron où l'on brasse le sang soigneusement recueilli, les quelques morceaux que l'on prélève pour les manger de suite, la fameuse fricassée qui fait du jour du cochon une fête. Tout le reste sera conservé. De la viande pour l'année, autrefois, dans ces montagnes paumées, de la viande qui coûtait pas cher. Le cochon recyclait tout, les patates trop petites pour qu'on les épluche, il serait rien resté, les épluchures, le petit lait, les croûtons trop durs, les restes de repas. Pour me prouver combien j'étais "chameau", ma mère racontait l'histoire des pâtes qui avaient fini dans "le seau du cochon": caprice pour ne pas les manger, puis tentative de les récupérer dans le seau, jamais contente!

Le cochon d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir avec ça. Souvent, il était seul, chaque famille avait le sien. On savait ce qu'il bouffait, à peu de chose près la même chose que ses maîtres. On l'aimait, ce cochon, compagnon d'une année, petit et rose, tellement mignon au début, puis grisonnant, massif et gras, éveillant alors une sympathie beaucoup moins désintéressée. Pour les paysans pauvres de nos montagnes, c'était l'assurance de manger un peu de viande tout au long de l'hiver. Bien grasse, la viande, car il en fallait du gras pour se réchauffer dans les maisons sombres et glacées, pour carburer aux durs travaux. Peu de viande, mais saine. Dans les vivres qu'on en tirait, jambon, saucisson, lard, boudin, on savait ce qu'il y avait. Je suppose bien qu'on lui donnait pas d'antibiotiques à ce cochon là. Pourtant, quand on raconte des histoires d'épidémies, de bêtes qui crèvent en nombre sans qu'on sache trop pourquoi, il est rarement question de cochon. Est-ce que les maladies épargnaient les cochons? Aujourd'hui les cochons sont élevés par milliers, dizaines de milliers, dans des usines, nourris de farines mystérieuses, gavés de médicaments préventifs, amputés de la fameuse queue en tire-bouchon des comptines pour éviter qu'ils se bouffent les uns les autres. Puis ils sont tués, silencieusement, à la chaîne, estourbis avant d'avoir pu comprendre (quoique?). Les charcuteries sont imprégnées de produits divers qui donnent aux jambons bas de gamme une consistance de caoutchouc. Le cochon pollue la terre, l'eau et la mer. La viande de cochon reste une des moins chères, le cochon continue à nourrir le peuple, mais à quel prix?

Comment, dans une culture qui a, pendant des siècles, tué rituellement le cochon, assumant sans angoisse ses hurlements désespérés et quasi humains, trouve-t-on aujourd'hui des plaisantins qui s'indignent de moutons qu'on égorge dans une baignoire et tentent de faire du cochon un quasi drapeau national? .

Un lien rigolo trouvé et rajouté le 30 mai, comme quoi mon histoire de cochons est en plein dans l'actu!

mardi, 24 mai 2011

L'Espagne nous tend la main

Traduction du Manifeste de la Puerta del Sol (par Jean-Paul Brodier). J'ai trouvé ça sur le blog de Fabrice Nicolino, je suppose qu'on peut aussi le trouver ailleurs.

Nous sommes des gens ordinaires. Nous sommes comme vous : des gens qui se lèvent chaque matin pour étudier, travailler ou trouver un emploi, des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur pour procurer un avenir meilleur à ceux qui les entourent.

Certains parmi nous se considèrent progressistes, d’autres conservateurs. Certains parmi nous sont croyants, d’autres non. Certains parmi nous ont des idéologies bien définies, d’autres sont apolitiques, mais nous sommes tous inquiets et en colère au sujet du paysage politique, économique et social que nous voyons autour de nous : corruption parmi les politiciens, les hommes d’affaires et les banquiers qui nous laissent sans recours et sans voix.

Cette situation est devenue la norme, une souffrance quotidienne, sans espoir. Mais si nous assemblons nos forces, nous pouvons la changer. Il est temps de changer les choses, temps de construire ensemble une meilleure société. C’est pourquoi nous affirmons fortement que les priorités de toute société avancée doivent être le progrès, la solidarité, la liberté de la culture, la durabilité et le développement, le bien-être et le bonheur des peuples.

Voici des vérités inaliénables auxquelles nous devrions nous attacher dans notre société : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation à la vie politique, à la liberté du développement personnel, les droits des consommateurs pour une vie heureuse et en bonne santé.

L’état actuel de notre gouvernement et de notre système économique ne se soucie pas de ces droits et de beaucoup de façons s’oppose au progrès humain.

La démocratie appartient au peuple (demos = peuple, kratos = force), cela signifie que le gouvernement est composé par chacun de nous. Toutefois, en Espagne, la majorité de la classe politique ne nous écoute même pas. Les politiciens devraient porter notre voix aux institutions, permettre la participation des citoyens à la politique par des canaux directs qui apportent les plus grands bénéfices à l’ensemble de la société et non pas s’enrichir et prospérer à nos dépens, à l’écoute exclusive de la dictature des principales puissances économiques, ni les maintenir au pouvoir dans un bipartisme conduit par les acronymes inamovibles PP & PSOE.

L’appétit de puissance et d’accumulation de quelques-uns crée les inégalités, les tensions et les injustices, lesquelles conduisent à la violence, que nous rejetons. Le modèle économique anti-naturel et obsolète pousse la machine sociale dans une spirale de croissance qui la consume elle-même, enrichit quelques-uns et plonge les autres dans la pauvreté. Jusqu’à l’effondrement.

L’intention et l’objet du système actuel est l’accumulation d’argent, sans égard pour l’efficacité ni le bien-être de la société. Gaspillage des ressources, destruction de la planète, création de chômage et de consommateurs malheureux.

Les citoyens sont les rouages d’une machine conçue pour enrichir une minorité qui ne tient pas compte de nos besoins. Nous sommes anonymes, mais sans nous rien de cela n’existerait, parce que nous sommes les moteurs du monde.

Si, en tant que société, nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une économie abstraite, qui ne restitue jamais les bénéfices à la majorité, alors nous pouvons mettre fin aux mauvais traitements dont nous souffrons tous.

Il faut une révolution éthique. Au lieu de placer l’argent au-dessus des êtres humains, nous le remettrons à notre service. Nous sommes des gens, pas des produits. Je ne suis pas le produit de ce que j’achète, pourquoi je l’achète et à qui je l’achète.

Pour tout ce qui précède, je suis indigné. Je pense que je peux le changer. Je pense que je peux aider. Je sais qu’ensemble nous pouvons. Je pense que je peux aider.

Je sais qu’ensemble nous pouvons.

jeudi, 12 mai 2011

Doubler en dix ans?

« Nous ne réglerons pas les problèmes de la faim et du changement climatique en développant l’agriculture industrielle sur de grandes plantations », affirme Olivier De Schutter. « Il faut au contraire miser sur la connaissance des petits agriculteurs et sur l’expérimentation, et améliorer les revenus des paysans afin de contribuer au développement rural. Un soutien énergique aux mesures identifiées dans le rapport permettrait de doubler la production alimentaire dans les 5 à 10 ans dans des régions où la faim sévit. La réussite de la transition à mener dépendra de notre capacité à apprendre plus vite des innovations récentes. Nous devons aller vite si nous voulons éviter une répétition continue des crises alimentaires et climatiques au cours du 21ème siècle. »

Je cite Fabrice Nicolino qui lui-même cite un rapport rendu à l'ONU par Olivier De Schutter, Rapporteur Spécial depuis mai 2008 sur le droit à l’alimentation, nommé par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Du coup, je crée une nouvelle catégorie, "Espoirs", sur mon blog.

mardi, 10 mai 2011

Trombinoscope

J'avais accordé une attention très superficielle aux élections cantonales. Comme je l'ai dit ailleurs, contrairement à ces catholiques qui se disent "croyants, mais pas pratiquants", je suis en matière de religion électorale pratiquante mais non croyante. Or, je viens de recevoir le numéro de mai de la revue de "mon" conseil général. Un magnifique trombinoscope en couverture. La nouvelle assemblée départementale. Et là, ça me frappe comme une gifle: des mecs, rien que des mecs. J'y crois pas. Je vérifie et je compte. Soixante photos. Huit photos de femmes.

On peut rajouter que nombre d'entre eux ont bien sûr dépassé la cinquantaine, et que, côté minorité "visible", comme ils disent, c'est plutôt invisible.

ET C'EST POUR ÇA QUE J'AI VOTÉ!

mercredi, 4 mai 2011

Éclaircissements

J'ai l'occasion de feuilleter parfois la revue Prescrire, rendue momentanément célèbre par le scandale du Médiator. Momentanément, paske bon, on a pas que ça à faire, ya des mariages princiers, des béatifications, des assassinats politiques qui méritent notre attention bien davantage que quelques pékins (pékines?) pas bien malins qui ont essayé de maigrir sans se préoccuper de leur régime alimentaire, dont certains sont morts, d'autres gravement malades à vie, et le plus grand nombre (de quoi ils se plaignent ceux-là?) "simplement" angoissés à l'idée que ça va peut-être leur tomber dessus, mais peut-être pas, et dans ce cas, de quoi ils se plaignent, hein? (bis). C'était sur ordonnance, vous dites? Ordonnance de médecins diplômés, inscrits au Conseil de l'Ordre, soucieux de s'informer régulièrement et de se former tout aussi régulièrement, grâce à la grande générosité des laboratoires, ayant fait le serment d'Hippocrate? Vendu en pharmacie, avec des pharmaciens tout aussi diplômés (mais je sais pas si ya un serment d'Hippocrate pharmaceutique)?

C'est ennuyeux, tout ça, parce que ça risque de saboter la nécessaire confiance que les malades doivent avoir en ceux qui les soignent, médecins, pharmaciens et labos, et en ceux qui les protègent (mal) d'éventuels margoulins, agences de ceci ou de cela.

Et voilà que Prescrire, non seulement ne se repent pas d'avoir altéré cette indispensable confiance, mais remet le paquet sur un autre terrain (de quoi je me mêle, c'est pas des médocs!) celui des cosmétiques éclaircissants. Apprenez, si vous l'ignoriez encore, qu'il y a d'autres moyens que les quotas pour "éclaircir" une équipe de foot un peu trop colorée: des crèmes, qu'on se tartine sur le visage et le corps. Descendez du métro à Barbès (et je suppose dans d'autres stations particulièrement ciblées on se demande pourquoi) vous verrez s'étaler sur les murs de l'escalier de sortie toutes sortes de pubs concernant ces dispensables substances.

Prescrire leur consacre un dossier de sept pages dont rien que les titres vous donnent la chair de poule: "Beaucoup d'effets indésirables graves" "Atrophies cutanées" "Effets systémiques des corticoïdes" "Intoxication mercurielle". Pas chiens, ils terminent par "etc...". Pour moi, etc... c'est broutilles et compagnie. En réalité, lisant l'article, je constate que certains des effets non mentionnés sont moins fréquents, mais plus graves, genre "Quelques observations de carcinomes cutanés" ou "syndromes néphrotiques". Bon, ben... c'est le moment de remercier dieu de m'avoir fait naître blanche, à défaut (le salaud), de ne pas m'avoir fait naître homme. Le gag, c'est que nombre des effets plus superficiels... sont particulièrement inesthétiques, vergetures, pigmentation inhomogène, acné, nodules... bref la plaisanterie renouvelée de l'aspartame qui fait grossir ou des produits de beauté qui accélèrent le vieillissement de la peau.

Le dernier titre est celui qui tue: "Mettre en garde les utilisatrices en âge de procréer". Ah bon? Pourquoi? L'article commence par "Les femmes utilisant des cosmétiques éclaircissants sont souvent jeunes et en âge de procréer". Évidemment, comme le note élégamment un commentateur masculin (Olivier, 7h38) à propos d'une autre pratique "cosmétique", quand on est vieille, moche et qu'on a du poil aux pattes, on se soucie comme d'une guigne de s'améliorer le faciès ou autre chose en se tartinant au mercure, aux phtalates ou aux parabènes. On se résigne, et basta. Bref, l'article continue: "Les substances qu'ils contiennent sont nombreuses, de nature souvent inconnue, et sont susceptibles de traverser la peau et le placenta". Avec, comme conséquences, des malformations parfois graves pour un éventuel enfant.

Bon, là, je sens que vous avez votre dose. Je voulais poursuivre sur les "perturbateurs endocriniens", mais bah, j'ai pitié. C'est le printemps, les scarabées dorés volent bas et lourd, les papillons se multiplient, un oiseau a fait son nid sous mon toit, mes pommes de terre font vingt centimètres, mes carottes dix, les coquelicots sont en fleurs (j'allais écrire en pleurs, comme quoi mon optimisme est un peu surfait). Je vais repiquer la moitié de mes plants de tomates, gardant l'autre moitié en réserve au cas où saints de glace et lune rousse seraient en embuscade derrière ce printemps particulièrement précoce et peu arrosé.

Mon jardin m'appelle, j'y retourne.

mardi, 26 avril 2011

Plein de vide

La semaine a été bien remplie. Ce matin, la chambre des enfants est vide. Le chariot où on promenait les deux petites princesses est vide. Le bac à sable est vide. Les deux bassins, vidés au début de la semaine, se remplissent lentement.

Ça fait drôle, une si grande maison toute pleine de vide...

vendredi, 15 avril 2011

L'emploi ou la vie?

Ça va créer des emplois, prétend-on pour nous faire accepter la dernière lubie destructive et polluante des transnationales qui nous gouvernent désormais, par élus interposés.

Ça détruirait des emplois dit-on (à voix basse, désormais, hein, parce que depuis l'amiante on ose plus trop la ramener sur ce thème) quand on refuse de remettre en question la fabrication et l'usage de produits chimiques dont les effets sur la vie sont de moins en moins discutables. Quoique pas prouvés, hé, pour prouver faudrait chercher, et qui financera de telles recherches?

Devinez qui donne du travail, en échange, peut-être, de leur vie, à 20.000 personnes qui font du tourisme laborieux sur tout le territoire de notre si belle France?

Si vous donnez votre langue au chat, voici un des derniers articles sur ce thème. Il y en a d'autres, mais pas tant que ça. Il y a surtout un roman, intitulé "La Centrale" que je vous recommande.

Si après ça vous avez envie, ou plutôt besoin de rire, essayez la chronique d'Anne Sophie qui tranche avec tant de morosité. Dommage, c'est réservé aux abonnés de "Arrêt sur images". J'ai voté pour qu'elle passe en libre accès, j'espère être suivie, c'est en effet d'utilité publique de nous faire rire de bon matin.

mercredi, 13 avril 2011

La banalisation du nucléaire

Je suis en train de lire un vieux livre, La supplication, de Svetlana Alexievitch. Il commence par le témoignage de la femme d'un des tout premiers "liquidateurs" de Tchernobyl. Il continue par d'autres témoignages, ceux qu'on a obligés à partir, ceux qui ont tout fait pour rester (les vieux, crever pour crever autant crever chez soi, comme je les comprends), et d'autres, beaucoup d'autres. Je crois pas que j'arriverai au bout. Je crois que je vais me contenter de lire quelques sous-titres, le contenu est insoutenable, ce contraste entre l'horreur et la tristesse fataliste des témoignages.

Alors, chipoter sur la définition du millisievert pour savoir si oui ou non je peux manger les épinards que je viens d'acheter au marché, hein... On peut même plus utiliser le mot "indécence", il est contaminé par les pro-nucléaires.

dimanche, 10 avril 2011

IVG: Elles vont bien, merci. Mais...

Le blog vient d'ouvrir. Quelques témoignages, déjà. De femmes qui ont avorté, qui n'ont jamais regretté leur décision, qui vont bien aujourd'hui, cinq ans, dix ans, vingt ans plus tard. Mais qui n'ont pas oublié qu'on les a traitées comme des coupables, qu'on ne s'est pas soucié de leur douleur. Qu'on leur a bien fait sentir qu'une patiente venue pour une IVG n'a pas droit aux mêmes égards que les autres.

D'autres témoignages vont venir enrichir le contenu de ce blog. Vous pouvez y participer si vous le souhaitez. Ne laissez pas d’informations qui, croisées, permettent de vous identifier (sauf si vous y tenez) mais dites-nous un peu qui vous étiez à ce moment-là (âge, catégorie professionnelle, situation sentimentale…). Notre liberté d'avortement est contestée, soit ouvertement par les commandos anti-IVG à la porte des hôpitaux, soit plus sournoisement par des embûches, des délais, des fermetures de centres parmi les plus respectueux, des comportements peu déontologiques, soit encore par une dramatisation orchestrée, les femmes ne s'en remettraient pas, le nombre d'avortements serait en hausse (faux) il toucherait de plus en plus d'adolescentes (très légère augmentation d'un chiffre déjà bas, mais comment l'analyser?).

Jamais on ne rappelle que le nombre d'avortements clandestins, on ne l'a jamais su. Les 343 l'évaluaient à un million. D'autres parlaient de 500.000. Aujourd'hui, c'est 220.000, et le chiffre stagne, car si le nombre des grossesses imprévues baisse, signe d'une contraception plus efficace, elles sont plus souvent interrompues qu'avant. Ce qui est sûr, c'est qu'on n'en meurt plus.

Combien en en mouraient, combien en restaient stériles ou durement traumatisées, à l'époque des avortement clandestins, en clinique privée à l'étranger pour celles qui avaient les moyens et les relations, chez une avorteuse plus ou moins propre pour celles qui réussissaient à réunir le fric nécessaire, ou par leurs propres moyens, parfois aussi barbares qu'inefficaces pour les malheureuses sans appui et sans argent? On ne l'a jamais vraiment su non plus.

J'ai comme le sentiment que certains voudraient revenir à cette époque bénie des dieux. Vigilance et détermination, ne laissons pas faire.

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